CR Grande Traversée du Morvan (GTM) en autonomie en VTT


#1

Et voilà, on remet ça dans le Morvan cette année et en duo sur 300 km.
La GTM rallie Avallon a Autun en traversant tous le Morvan sauvage.

Départ ce samedi 10 juin, nous vous ferons un beau CR au retour.

Pour ceux qui sont sur le chat messenger KiteDor, on partagera notre position lors des bivouacs du soir avec une ou des photos si réseau il y a.


#3

[color=blue]Nous voila de retour , réussite de notre Grande Traversée du Morvan (GTM) en autonomie en VTT.[/color]

5 jours, 310 km, 6700m de dénivelé positif.

Une petite vidéo pour ceux qui n’aiment pas la lecture :

##[color=red] J1 - samedi 10 juin :[/color]

Morgan a décidé de prendre un TER de bonne heure alors qu’il a travaillé jusqu’a trois heures du matin.

Nous partons donc de Dijon à 8h et arrivons à Avallon vers 11h10.

S’ensuit le montage des remorques, puis un détour par une boulangerie pour partir le ventre plein.
Nous descendons un chemin pentu avec des virages serrés qui débouchent sur une route en contrebas.
Première difficulté, six marches nous séparent du sentier à monter.
Nous portons les remorques, le fait d’être deux s’avère dès le début un avantage non négligeable.
Le chemin est très raide avec de petits virages en épingles à trois cents degrés qui le rendent impraticable à part en poussant l’ensemble.

Je tente malgré tout de pédaler entre les virages et arrivé quasiment au-dessus, ma roue arrière se bloque.
J’identifie tout de suite le problème que j’ai déjà rencontré sur la GTJ l’année dernière, il faut resserrer l’axe arrière.

Pour ce faire je décharge la remorque puis la désolidarise du vtt, une perte de temps non négligeable.

Les premiers kilomètres sont difficiles, je me rends rapidement compte que je suis trop chargé, au moins 20 kg sur la remorque, bien plus que dans le jura, la moindre montée est une épreuve.
Nous évoluons dès le début dans des singles à travers bois, c’est sauvage mais aussi très technique, Morgan en fait les frais rapidement et je le retrouve couché à côté de son chargement.

Un peu plus loin c’est ça chaine qui casse, il répare assez rapidement alors que nous n’avons pas parcouru plus de six kilomètres.

Une attache rapide et quelques maillons plus tard, nous longeons le cousin, petite rivière sauvage que nous avions descendue en kayak a l’époque.
Nous n’avançons pas très vite à cause des difficultés que nous rencontrons comme ce chemin pavé de cailloux humides, ou chaque coup de pédale doit non seulement faire passer le vtt mais aussi la remorque susceptible de buter sur l’obstacle a l’instant franchi.

Les chemins sont techniques et ajoutent de la difficulté à pédaler avec une remorque.
Tous ces passages nous pompent énormément d’énergie et encore plus lorsque ça monte.
Nous traversons aussi quelques rivières par des ponts, les paysages sont superbes.

Par contre les chemins ne sont pas encore détrempés des pluies de la veille et nous sommes obligés de contourner d’énormes flaques de boue quand nous le pouvons.

Les ravitaillements en eau se font dans les cimetières comme à notre habitude.

Peu après avoir passé le réservoir du Crescent, nous montons dans un chemin en forte rampe presque impraticable dans la forêt.

C’est à ce moment-là qu’un des maillons de la chaîne de Morgan fait des siennes, bien pire même.
Une partie du maillon s’est mise à l’équerre, a emporté le dérailleur en extension et au final a tordu la pâte du dérailleur, ce dernier étant coincé dans les rayons.
Nous démontons tout et tentons de redresser l’aluminium avec les outils en notre disposition, c’est-à-dire une clé à molette qui servira de marteau et deux cailloux d’étau.

Impossibles de la redresser, nous optons pour une petite cale qui rattrapera provisoirement le jeu et prions pour que sa tienne jusqu’au bivouac.
Nous faisons connaissance de David qui fait de l’enduro dans les bois.
Il nous propose de réparer chez lui et insiste même en nous conviant à une petite fête dans son village.
Bien que se soit tentant, nous le remercions mais il se fait tard et nous souhaitons avancer encore un peu.
Nous repartons dans la grimpette après avoir perdu une bonne heure, et stoppons cette longue et difficile demi-journée une dizaine de kilomètres plus loin au village de Chalaux, au bord de la rivière qui porte son nom.
Nous faisons un détour par le cimetière du village pour faire le plein d’eau courante pour le bivouac.
Je me serai bien passé de ce détour qui ajoute bien soixante mètres de dénivelé positif à notre compteur et surtout à mes jambes.
Comble de l’ironie, au pied du Chalaux, nous trouvons un petit chalet fermé avec une terrasse en bois pour accueillir nos tentes mais surtout un robinet d’eau potable.

Nous avons parcouru 45 km avec un dénivelé positif de 950 mètres mais seulement 40 km de notre trace de 297 km à parcourir au total.
Morgan est inquiet pour la suite de son aventure, il tente une réparation chez l’habitant, des gens très gentils qui lui fournissent un véritable atelier, il en ressort avec la pâte de dérailleur redressée malgré l’aluminium qui est bien marqué par la pliure.
De retour au camp, le réglage du dérailleur est peu concluant, il hésite à changer avec un dérailleur de secours qu’il a apporté, nous remettons ça au lendemain matin et mangeons.


##[color=red] J2 - dimanche 11 juin :[/color]

Dimanche, jour du seigneur, jour de travail chômé, ce n’est pourtant pas le jour de grasse matinée pour les bons chrétiens que nous sommes, l’angelus sonne un long moment et nous réveille à sept heures du matin.
Morgan passe à l’action dès le réveil, remplacement du dérailleur mais c’est maintenant la gaine qui est trop courte.

Après de longues tentatives de bricolage, on finit par remettre le premier dérailleur et régler les vitesses approximativement.
Il ne bénéficie plus que de quatre ou cinq vitesses au lieu de neuf.
Nous repartons à pas moins de 10h30, ce bricolage nous a fait perdre un temps précieux.

Nous attaquons dès le début des terrains difficiles et des rampes soutenues.
Des montées très raides avec beaucoup de pierres où parfois des racines nous invitent à poser pied à terre mais nous tentons d’arriver au-dessus en pédalant malgré tout.

Il faut alors repérer la ligne parfaite, celle qui demande à franchir le moins d’obstacles, de notre équilibre et notre vitesse dépend la réussite de nos tentatives.
Les chemins sont parfois sablonneux et rendent l’avancée difficile, comme si nous roulions sur une plage d’un metre de largeur sillonnant à travers bois.
Nous longeons une petite rivière, il faut batailler pour franchir une portion couverte de grosses pierres, nous réussissons.

Le chemin devient de moins en moins bon et se transforme vite en GR, très technique, nous sommes à la limite de la sanction, prêt à tomber dans le dévers qui mène droit dans la rivière.

Nous posons le pied à terre pour garder l’équilibre, pour pousser l’ensemble de notre monture et parfois nous descendons carrément du vtt pour s’arc boutir sur le guidon et franchir plusieurs grosses pierres qui nous barrent le chemin.
Une fois le vélo passé, parfois la remorque suit miraculeusement mais bien souvent il faut la porter pour franchir l’obstacle.
Nous craignions à tout moment de taper l’un de nos plateaux contre une pierre et de lui abimer les dents, ce qui le rendrait inutilisable.
Morgan m’aide et porte ma remorque pour passer d’énormes blocs de pierre qui nous ont mené bien plus haut que le niveau de la rivière.
De l’autre côté de l’obstacle c’est la douche froide, dix mètres très pentus dans lesquels nous devons porter les remorques tout en gérant la pente.

C’est dans cet enfer que nous sommes heureux d’être deux.
Cent mètres plus loin, nous passons par-dessus la rivière grace à un petit pont, bien sûr il faut porter les remorques pour accéder à la plateforme et en descendre.

Un nouveau portage nous attend dans la foulée, nous ne le savons pas mais ce sera le dernier.

Nous passons le lac de Saint-Agnan et nous arrêtons au village dans une brasserie ouverte pour manger un sandwich et boire un demi.

Nous sommes éreintés pourtant nous n’avons avancé que de 33 km en quatre heures.
Notre objectif journalier de 60 km que l’on s’est fixé à l’avance paraît irréalisable.
Nous repartons requinqué, par une route qui monte fortement.
La moindre pose est une sanction immédiate pour les cuisses qui sont douloureuses jusqu’au moment où les muscles se chauffent à nouveau.
Au moment de rentrer dans un bois, Morgan s’arrête, il a failli rouler sur un serpent.
L’animal peu farouche prend tout son temps pour libérer la voie, j’en profite pour prendre une photo.

Morgan est en tete, nous prenons chacun notre tour le rôle d’ouvreurs pour donner le rythme et gérer l’itinéraire grace à notre GPS etrex 30.
Trois cents mètres plus loin, il voit à nouveau un serpent qui disparait du chemin avant que nous l’atteignions.
Je passe en tete dans la foulée et deux solutions s’offrent à moi, soit psychoter sur chaque branche d’arbre, racine ressemblant à un serpent et freiner régulièrement, ce qui ne serait pas raisonable.
Soit foncer, rouler normalement en se disant qu’un serpent serait mal en point une fois passé sous mes roues et que ça lui passerait l’envie de me sauter dessus.
J’opte pour cette dernière option bien sûr.
Nous avons passé le plus gros du dénivelé, nous avançons mieux mais les efforts sont toujours au rendez-vous.

Très souvent le long des larges chemins longeant les bois nous rencontrons d’énormes flaques de boue qui nous barrent la route.
Il faut repérer sur quelle rive nous pouvons éventuellement passer, c’est souvent très étroit au risque de tomber dans la boue mais parfois la déviation est tracé a travers la forêt.

Lorsque l’ouvreur ne trouve pas de passage, il fonce dans la flaque en priant pour que ça passe, c’est comme ça que nous nous retrouvons tous les deux avec les remorques immergées et de l’eau jusqu’en haut des mollets.

Nous croisons à nouveau un serpent sur un chemin forestier qui mène à Saulieu, l’animal a la tete explosée, il est déjà mort.

Il ne nous reste que cinq kilomètres à faire pour arriver au lieu de notre bivouac, nous faisons donc quelques emplettes dans une épicerie et prenons de quoi faire un apéro conséquent, nous l’avons bien mérité.
Les derniers kilomètres se font sur les réserves, nous n’avançons plus très vite et l’envie de se reposer est bien présente.
Nous établissons le campement au bord du lac de Chamboux après 65 km et 1400m de dénivelé positif.

Je ne peux plus bouger et reste allongés un long moment alors que Morgan se lave dans le lac, prépare le feu et sort sa ligne de braconnage avec laquelle il pêchera quatre poissons-chats qui le décourageront à espérer mieux.

Une fois de plus le fait de pouvoir se laver et se changer avec une tenue propre est essentiel à nos yeux, nous étions couvert de boue.

On se couche de bonne heure, une grosse étape nous attend le lendemain.


##[color=red] J3 - lundi 12 juin :[/color]

Nous avons bien dormi et levons le camp à 9h50.
Agréable surprise, les chemins sont roulants et principalement descendants.

Mis à part quelques passages délicats qui ne durent pas longtemps.

Nous passons également par des bouts de route que nous appelons entre nous “la grappille” de kilomètres ou “l’aubaine” du moment.
Nous roulons donc à bonne allure et sommes rapidement sur les rives du lac des Settons.

Puisque nous avons parcouru 25 km rapidement, nous faisons une pause pour boire un café puis manger un sandwich.

Nous repartons non sans savoir que la suite nous réserve de gros efforts car il faut bien prendre le dénivelé quelque part et les vingt derniers kilomètres sont en profil montant d’après la carte ign que nous étudions sur nos smartphones durcis.
Nous sommes tellement bien le long du lac que nous oublions de tourner à droite pour quitter les rives en direction d’Ouroux-en-Morvan.
Nous faisons demi-tour, je prends sur moi ce petit détour de quelques kilomètres.

La fin du parcours est une longue montée à travers bois et chemins dégagés ou le soleil nous brule la peau et nous assèche.

Nous faisons le plein d’eau au cimetière de Planchez et sommes heureux d’arriver à l’étang de La Couture ou nous devons bivouaquer.
Il n’est pas tard en comparaison des autres jours et nous allons pouvoir bien en profiter.
L’étang est caché par des arbres et d’après la carte il y a bien un chemin qui y mène a quelques centaines de mètres de là.
Malheureusement si l’accès a existé, il n’y en a plus trace et c’est un champ complètement clôturé qui l’a remplacé.
Nous sommes contraints de repartir jusqu’à ce que nous trouvions un bivouac, avec de l’eau pour se laver de préférence.
Les paysages sont magnifiques, nous croisons des parcelles déboisées dans lesquelles la nature reprend ses droits, des forêts de fougères ou encore des chemins fleuris.

Nous passons a proximité des sources de la Cure mais pas d’eau en vue, il faut surement randonner pour y accéder.

Nous empreintons une longue descente a travers champs dans un chemin couvert de cailloux qui ne procure aucun plaisir, les vélos et les remorques sautent dans tous les sens, d’ailleurs la mienne frotte à deux reprises.
Cela m’étonne car elle est de construction assez haute et rigide au niveau du deck, peut-être qu’avec mon chargement assez conséquent elle est devenu plus souple.
Finalement en arrivant à Cussy-en-Morvan, Morgan repère une petite rivière qui est a l’écart dans le bas du village avec en prime une table et un banc en bois.

Nous montons le camp et Morgan grimpe jusqu’au village en vélo pour demander de l’eau a un habitant.

Nous avons parcouru 69 km et 1250 mètres de dénivelé positif.

J’attends trop longtemps pour me laver et je n’ai pas le courage de me mettre dans l’eau gelée, une toilette de chat améliorée fera l’affaire.
Nous ne faisons pas de vieux os après avoir mangé notre lyophilisé, nous sommes rincés.


##[color=red] J4 - mardi 13 juin :[/color]

Levés de bonne heure, nous espérons cette fois-ci partir tot car une grosse étape nous attend avec 1700 mètres de dénivelé positif qui nous fera monter au point culminant du Morvan, Le Haut-Folin.

De plus nous savons que trois amis de KiteDor vont nous rejoindre au bivouac du soir avec un véritable festin et faire l’étape du lendemain en notre compagnie.
Au moment de charger mon sac sur la remorque, il est bien trop proche de la roue et mon deck beaucoup trop souple.
Je retourne la remorque et m’aperçois avec effroi qu’elle est prête à casser à tout moment.

Nous repartons tout de même en échafaudant des plans, le premier étant de passer par le garagiste qui travaille dans ce minuscule village pour lui emprunter quelques outils et réparer.
Ce dernier regarde la remorque dubitativement, nous insistons un peu mais il ne souhaite pas nous aider.
Pas d’autre choix que de repartir et au moment de quitter le village, nous tentons notre chance vers la dernière maison isolée en contrebas.
Un couple de retraités apparaît, l’homme parle peu Français, il nous invite de suite à entrer dans sa cour pendant que sa femme calme les deux chiens qui sont à la fête.
C’est un couple de Hollandais, jeunes retraités, ils profitent de leur maison secondaire perdue au fin fond du Morvan comme maison principale dorénavant.
Nous entrons dans l’atelier qui regorge d’outils, Morgan repère un bout de planche rainuré en Teck, sans doute un morceau de terrasse, qui ferait l’affaire et se met à l’oeuvre.
Je le laisse faire, c’est lui le mécanicien de notre binôme et l’inventeur de nos remorques mono-roues sans soudure.

Quelques coups de scie sauteuse, scie circulaire, perceuse et la remorque est prête à reprendre du service.

Notre nouvel amis insiste pour disquer lui-même les tiges des boulons dépassant sous la remorque.
Rencontre providentielle, il sauve ma GTM et je le remercie vivement.

Il n’acceptera pas le moindre Euros que je souhaite lui donner.
Nous repartons vers dix heures, une fois de plus nous n’arriverons pas à partir de bonne heure.

Cette journée est éreintante, nous surveillons notre évolution sur la courbe de dénivelé que nous fournit cette merveilleuse application qu’est Alpinequest et ses outils de navigation.
Je l’ai découverte grace à Damien Daa qui l’a utilisée constamment en Norvège.

De longs escaliers entament une partie de notre énergie.

Malheureusement nous rencontrons plusieurs problèmes techniques au cours de la journée.
Lorsque nous traversons d’énormes flaques de boue, les freins à patins de Morgan restent bloqués à cause de la boue.

L’autre fois c’est ma roue arrière qui s’est encore desserrée et se met en travers.
À mi-chemin la pâte de dérailleur du Lapierre fait des siennes et le dérailleur se retrouve à nouveau coincé dans les rayons, combien de temps va-t-elle encore tenir sachant que l’aluminium est maintenant nettement marqué, sur le point de se fendre à tout moment.
Morgan la redresse suffisamment pour accéder à la neuvième vitesse indispensable sur cette étape toute en rampe.
Il est obligé de forcer un peu plus depuis le début car toutes ses vitesses ne passent pas et il doit faire en fonction de cette contrainte.

Bonne surprise malgré tout, le gros pic de dénivelé sur notre graphique est en partie une piste qui monte raisonnablement dans les bois.

Cela ne dure pas et nous sommes vite face à des grimpettes très pentues que l’on ne monterait surement pas même sans les remorques.

On pousse, on dérape, on sue, on en bave et finalement on arrive en haut comme d’habitude.
Nous sommes entourés de fougères avec quelques fleurs violettes si et là.
Le cagnard nous transforme a l’état liquide et chaque arrêt voit son lot de mouches et de taons tenter leur chance de nous piquer.
Je bois des litres d’eau et j’en transpire deux fois plus.
Je pense être bien hydraté, je bois régulièrement grace à ma poche à eau dans le camelback, en roulant ou même dans les montées alors que Morgan a opté pour une bouteille d’eau fixée au cadre de son VTT, l’obligeant à s’arrêter pour boire, mais on s’arrête peut.

Après de longs efforts, nous sommes enfin au sommet du Haut-Folin qui s’élève à 901 mètres d’altitude et supporte le relais de télévision Autun-Bois-du-Roi.

Il n’y a pas de point de vue et le relais est assez moche, entouré de barbelés, nous repartons aussitôt dans une descente qui s’annonce prometteuse vu les chemins par lesquels nous sommes montés.
Malheureusement, nous nous engageons dans ce qui restera l’une des pires descentes de notre périple.
Large d’un metre vingt environ, couverte de grosses pierres et de dalles formant des marches, ça ressemble à un fond de rivière chaotique.
Les vélos et les remorques sautent dans tous les sens, la tension est au maximum, nous sommes concentrés pour ne pas chuter.
Une grande descente nous emmène à huit kilomètres du bivouac prévu ou nous rejoindra le team VTT de kitedor.
C’est à cet endroit que nous trouvons un bar avec terrasse dans un petit village et prenons une bière fraiche bien méritée.
J’en profite pour confirmer le point de rendez-vous que nous avions fixé à 60 km du campement de la veille, et je propose de poser un des vans à l’arrivée de l’étape du lendemain en laissant le choix de la distance a parcourir en vtt, soit à 40, 50 ou 67 km.
Cette dernière option nous amènerai à finir la GTM.
Vim’s, Tom et David sont super motivés et optent sans hésiter pour faire la grande étape finale de 67 km.
Nous quittons le bar après avoir discuté avec des morvandiaux très sympathiques et attaquons une dernière grimpette.
Nous arrivons enfin au bivouac ou nous sommes les premiers.

Nous avons parcouru 60 km et 1714 mètres de dénivelé positif.
L’étang est en fait une mare infecte recouverte de vase verte.
Par chance une petite rivière passe sous un pont, nous pourrons prendre notre douche quotidienne.
Esperons qu’elle chasse les mouches qui nous collent en permanence.
Nous cherchons du bois pour le feu de camp et installons les tentes.

Les copains arrivent vers 20h avec le van de David et les trois vélos après quelques galères pour trouver l’étang de Saint-Prix.
Nous sommes heureux de les retrouver et surtout de faire un dernier périple avec Tom qui quitte définitivement la région pour de nouvelles aventures vers les spots de Bordeaux que nous comptons bien découvrir dès que l’occasion se présentera.

C’est tout un ravitaillement culinaire qui nous est promis et nous ne perdons pas de temps pour lancer les festivités autour du feu de camp.
Barbecue, apéro, nous finissons repus et rentrons dans nos tentes vers une heure du matin après avoir passé une agréable soirée.

C’est à ce moment précis que la pluie se met à tomber en trombes.


##[color=red] J5 - mercredi 14 juin :[/color]

Le réveil sonne à 7h30, nous prenons tous un petit déjeuner consistant et plions le camp assez rapidement.
Nous soulageons quelque peu nos sacs avec Morgan et décidons de ne garder que l’essentiel au cas où nous devrions faire un nouveau bivouac en route.
Je laisse ma tente et mon ipad ainsi qu’un peu d’électronique.
Nous emportons seulement la tente de Morgan, je le soulage des piquets.
Une photo de groupe donne le top départ et nous attaquons une grimpette dans la bonne ambiance habituelle.

Les chemins sont roulants et malgré deux crevaisons nous avançons à un bon rythme.

Le paysage a bien changé, nous sommes sortis des chemins difficiles des forêts du Morvan qui sont remplacés par de larges chemins a travers champs.

Nous prenons de belles descentes dans les bois et toujours quelques chemins couverts d’herbes hautes, d’orties et de ronces comme on en trouve tous le long de la GTM.
C’est une autoroute qui s’ouvre devant nous mais nous sommes conscients qu’une épreuve de taille nous attend sur la deuxième moitié de la journée, la montée sur Uchon qui est un lieu de décollage des parapentes bien connu de Tom.
Nous arrivons donc à Étang-sur-Arroux de bonne heure après avoir parcouru 34 km avec les copains.
Nous prenons un demi et un sandwich dans une brasserie qui nous fournit également le plein d’eau.

En sortie d’Étang nous longeons l’Arroux, belle rivière qui donne envie d’y piquer une tete, nous prévoyons la trempette pour notre retour a la fin de cette dernière boucle.
Deux gros coups de cul dans une chaleur étouffante et une crevaison de plus nous amènent jusqu’à La Tagnière.

Ce village marque le début de la rampe de sept kilomètres avec 400 mètres de dénivelé qui va nous mener jusqu’au signal d’Uchon.
Chacun fait le plein d’eau en fonction de ses besoins et nous nous élançons.

Il y a peu de répit et le chemin qui monte est traversé par une grosse ornière centrale ravinée d’où doit s’écouler l’eau quand il pleut.
De plus le sol est sablonneux, il faut franchir la ravine constamment pour aller chercher les passages qui adhèrent le mieux, c’est un supplice avec les remorques.

Nous posons pied à terre et poussons les remorques quand nous sommes à la limite de l’explosion dans un cri de douleur, mais dans l’ensemble nous montons quasiment l’intégralité de la cote, même des passages caillouteux assez techniques.
Nous arrivons tous ensemble au magnifique point de vue d’Uchon qui domine le Morvan.

Nous venons de réussir notre traversée et sommes heureux.
Terminer cette épreuve avec les copains de KiteDor est magique.
Vince prend de super points de vue en drone pour immortaliser le moment.

Des éclairs commencent à rayer le ciel qui s’est assombri au loin et l’on voit nettement la pluie tombée fortement sur le Haut-Follin.
D’après le vent, l’orage fonce droit sur nous.
Nous repartons prestement pour finir l’étape, il reste 15 km de descente pour rejoindre Etang-sur-Arroux.
Malheureusement, après trois coups de pédale, la pâte de dérailleur de Morgan cède définitivement.
Nous tentons une réparation avec la chaine en direct mais ce n’est pas concluant.

Nous scindons le groupe en deux, je descends par les chemins de vtt avec Tom alors que Vince et David descendent par la route, ce dernier poussera Morgan sur les plats et les cotes qui ne devraient pas être trop nombreux.
Nous prenons une énorme descente très variée avec Tom jusqu’a rejoindre la route tout en bas.
Nous sommes à trois kilomètres d’Étang mais le chemin que j’ai tracé passe par une ferme dont les barrières nous signale un cul-de-sac, pas d’autre moyen que de faire demi-tour et revenir sur nos pas pour prendre la nationale.
L’orage est arrivé et nous pédalons sous des trombes d’eau .
Nous retrouvons Morgan au point de rendez-vous, la route les a mené non loin d’Étang et ils sont arrivés avant nous.

Nous buvons un coup pour fêter cette super-journée et mangeons un kebab bien mérité à Autun.
Nous avons parcouru 70 km et 1350 mètres de dénivelé positif.
Un grand merci aux copains de KiteDor d’être venue nous rejoindre pour la fin de se pèriple a travers le Morvan.


##[color=red] Conclusion :[/color]

Encore une belle aventure aboutie grace à nos rencontres avec les habitants du Morvan qui ont été d’une gentillesse exemplaire et d’une aide précieuse.

La grande traversée du Morvan à vtt est une véritable épreuve en autonomie, un défi physique avant tout pour la réaliser intégralement en si peu de temps.

La réussite de toute traversée en un temps restreint est intégralement liée à la météo et cette année encore nous avons été gaté.

Notre duo a bien fonctionné et l’entraide était obligatoire.

Merci à tous ceux qui ont participé a ce projet de prêt comme de loin.

A bientôt pour de nouvelles aventures :wink:


#4

J’ai lu en plusieurs fois, tu es le roi du CR. Quelle aventure ! Merci pour le partage car je ne saurais pas en faire la moitié


#6

Merci kiki, j’ai ajouté une petite vidéo aussi.


#7

Bravo a vous deux et encore un exploit a vos palmarès.

MAX:stuck_out_tongue:


#8

Bravo les filles, Alex tu a une âme de poète , un super cr a la hauteur de votre perf chapeau les kikis


#9

Merci pour ce compte-rendu à la hauteur de l’exploit!:sunglasses::sunglasses:
Chapeau!!
:+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1::+1:


#10

Merci les kikis :slightly_smiling_face:


#11

merci, super CR.:+1:
et bravo pour la perf physique !


#12

Génial, là j’ai l’impression de l’avoir faite en entier :stuck_out_tongue: